Pibroch vs Reels and Jigs - Glengarry's Lament - Prionnsa Beag
Bonjour,
Je n’ai pas trouvé de sites web intéressants / exploitables pour les morceaux de Pibroch .
The Sessions regorge de Reels jigs, … etc… mais internet n’offre que très peu de sources écrites pour le pibroch.
Quelques sites proposent des pdf, payants ou gratuits mais peu lisibles, mais aucun ne présente les pibroch sous forme de Canntaireachd. Des facsimilés de partitions illisibles écrits en patte de mouche, oui, mais rien d’exploitable. Certes le pibroch est une tradition orale, mais en 2023... ?
Le Canntaireachd semble être un trésor protégé réservé à quelques rares initiés triés sur le volet dont aucun ne partage ses sources sur Internet.
D’un côté je comprends que le pibroch soit une musique qui nécessite un apprentissage, et qu’un maître qui enseigne à un élève reste un passage nécessaire pour ne pas jouer n’importe quoi.
D’un autre côté, si on veut avoir une chance de préserver cet héritage, confiner et restreindre le savoir n'est-il pas la meilleure manière d’échouer et d’envoyer le pibroch aux oubliettes de l’histoire ?
Si un virtuose de la flute à bec classique essaie de prendre un tin whistle pour jouer un reel ou un jig en session d’après une partition trouvée sur The Session, cela ne sera ni un reel ni un jig, mais un joli morceau pas irlandais.
Il faut s’approprier le rythme, les ornementations, l’esprit de la musique. Et même à ce stade, un fiddler de Sligo ne jouera pas de la même manière qu’un fiddle de Donegal ou de Sliabh Luachra, sans même aller chercher les différences avec un joueur de flute de Roscommon, ou un piper de Dublin.
La musique irlandaise est enregistrée et largement diffusée, le grand nombre de pratiquants permet de s’approprier le style souhaité à partir de la base écrite.
Une fois initié au rythme et au finesse du Pibroch, l’élève de 2023 n’a par contre aucun moyen d'enrichir son répertoire par lui-même, faute de source exploitable et en raison du nombre très restreint de pratiquants.
Grâce à Violaine, les Canntaireachd sont chantés, ce qui permettrait (conditionnel) de reconstituer patiemment les morceaux.
Sur la base des sources musicales et papier de Prionnsa Beag, ma pierre de rosette du Pibroch, j’ai essayé de reconstituer grâce à la vidéo youtube de Violaine les premières mesures du Glengarry’s Lament (les 2 premières minutes après la courte intro jouée seule à la harpe sans le chant)
URLAR : (difficulté 0)
Hi en o-dro din ho de ve ho din (difficulté 1)
Hi en o-dro din ho de ve ho din
tro ve che en ho de hi-o din (difficulté 2)
Hi en o-dro din ho de ve ho din
tro ve che en ho de hi-o din (difficulté 3)
tro ve che en ho de hi-o din (difficulté 4)
Hi en o-dro din ho de ve ho din
tro ve che en ho de hi-o din
Quelques difficultés
difficulté 0 : dans Prionnsa Beag, je n’ai trouvé ni “en”, ni “tro” ni “o-dro” mais je les ai trouvés sur les deux feuilles de canntaireachd. Les autres notes de la gamme sont présentes dans Prionnsa Beag.
difficulté 1 : à ce stade, si les paroles sont “HO DE” il est difficile de savoir si on joue HO DE séparé ou bien HODE collé,
difficulté 2 : même chose, VE CHE séparé ou bien VECHE collé.
difficultés 3 et 4 : le premier HI-O DIN commentaire 3 semble différent de HI-O DIN commentaire 4, mais sur la première feuille de canntaireachd le LA et le SI sont tous deux représentés par le son “O” donc l’écriture commune reste cohérente.
difficulté 5 : la structure du Glengarry’s Lament ne sembla pas être la même que Prionnsa Beag ou Lament for the Children.
3 pibroch, 2 structures différentes.
Prionnsa Beag : Urlar avec une structure propre / Taorluath (singling puis doubling) / Crunluath (singling puis doubling)
Lament for the Children : la partition pdf avec 2 dièses, probablement à transposer en DO naturel et FA naturel, semble faire apparaître la même structure que Prionnsa Beag.
Glengarry’s Lament : d’après la partition trouvée en pdf, Urlar avec une structure différente) / variation 1 singling, variation 1 doubling, Taorluath / Crunluath (singling puis doubling d’après la partition pdf mais joué comme pour Prionnsa Beag par Violaine)
La diffusion internet des Canntaireachd par les dépositaires de la tradition entraînerait certes des distorsions de la tradition, mais permettrait également de la sauvegarder car à côté des gens qui feraient n’importe quoi ou qui adapterai / modifierai l’esprit originel, il existera toujours des gens qui s’appliqueront à rester fidèle à la tradition.
Sachant que par définition, déjà aujourd’hui, la transmission orale de maître à élève est elle-même porteuse de distorsions multiples,
A l’heure de la communication massive et envahissante d’une musique prête à consommer qui vise à tout écraser sur son passage et à éradiquer les particularisme locaux et les différentes cultures, vouloir conserver d’accès limité et restreint l’héritage du pibroch n’est-il pas la plus sûre manière de le perdre ?
Les écossais ne devraient-ils pas suivre l’exemple de The Session et diffuser largement leur héritage de manière collaborative et accessible à tous ?


Merci beaucvoup pour ces ajustements et compléments bien utiles et même nécessaires.
Michel