Travail sur une pièce de Pibroc’h : Prionnsa beag (Petit prince)
Plusieurs d’entre vous travaillent à la harpe le pibroc’h Prionnsa Beag (prononcer « prinnche bég ») et je m’en réjouis car pour un harpiste, l'étude d'une pièce de pibroc'h est une porte ouverte sur la grande musique, une musique fascinante et thérapeutique, qui nous emmène au cœur du monde celtique.
Vous trouverez une vidéo du doigté sur cet espace à la page Vidéos - Tutoriels, en complément de la vidéo sur Youtube. La vidéo de travail comporte le thème et la variation de Taorluath, avec l’ornementation décomposée.
Vous trouverez aussi la partition du thème et des ornementations ainsi que la transcription du canntaireachd à la page Partitions.
Petits rappels pour aborder le pibroc’h, car il s’agit d’un univers musical à part entière :
Le pibroc’h est une forme de musique très ancienne qui plonge ses racines dans l’ancienne musique de la harpe gaélique, et qui nous a été transmise par les sonneurs de cornemuse écossaise. Il se transmet oralement, de maître à élève (souvent de père en fils), au moyen d’un chant codifié, le canntaireachd (chant en onomatopées, codifié pour donner les notes, les ornementations et les doigtés).
C’est une musique non métrique : le rythme ne s’écrit pas, il faut écouter et mémoriser le phrasé. Le rythme est une pulsation subtile, que l’on ne peut diviser en temps égaux. C’est ici que le rôle du chant est essentiel. Après avoir appris le morceau en le chantant, on peut le jouer à l’instrument avec le phrasé correct et la bonne émotion.
Donc, et c’est le danger de noter du pibroc’h en notation classique (mais vous êtes informés maintenant !) : le rythme du morceau n’a rien à voir avec le rythme écrit sur la partition ! La partition vous donne les notes, le doigté, et un vague rapport des durées de temps. Le rythme de référence est le phrasé du chant. C’est pourquoi on peut considérer que la notation la plus fidèle est la notation en canntaireachd !
Une fois intégrée une première pièce de pibroc’h, ces codes sont valables pour toutes les autres, comme un langage, et on se sent en terrain familier. On s’aperçoit que ce qui paraissait mystérieux au départ est en fait très cohérent et fait appel à un fonctionnement subtil mais naturel. C’est une musique qui nous rapproche des éléments de la nature, de l’eau, du vent, des oiseaux… Par la présence qu’elle demande à chaque instant, elle s’apparente à une méditation ou à un yoga.
Bon voyage musical ! N’hésitez pas si vous avez des questions !


Frankie Gavin (fddle et flute) expliquait que son premier professeur de fiddle lui avait donné un morceau super difficile pour son premier air. Le prof lui avait dit "quand tu auras appris à jouer cela, tu pourras jouer n'importe quoi.".
Ce conseil se retrouve ici ou là : il faut s'attaquer à quelque chose de "challenging"
Je crois que Violaine nous a donné un sympathique morceau pour pratiquer cette approche...
Je ferme l'ordinateur et je prends la harpe.